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La croissance économique — augmentation soutenue du PIB en volume — a deux sources : l'accumulation des facteurs travail et capital (croissance extensive) et les gains d'efficacité mesurés par la productivité globale des facteurs (croissance intensive), résidu attribué au progrès technique. Pour expliquer ce progrès, les théories de la croissance endogène montrent qu'innovation, capital humain, capital public, recherche, institutions et droits de propriété l'entretiennent de l'intérieur, au prix d'un processus schumpetérien de destruction créatrice qui peut engendrer des inégalités. Cette croissance se heurte enfin à des limites écologiques (épuisement des ressources, pollution), d'où le débat entre soutenabilité faible et soutenabilité forte.
5sectionsca. 28min de lecture5compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Fixez d'abord le socle quantitatif : savoir lire et calculer un taux de croissance du PIB, distinguer accumulation des facteurs et gains de PGF, et illustrer le progrès technique par un mécanisme (innovation, capital humain) — cela suffit à répondre aux questions de mobilisation des connaissances et à l'étude de document.
niveau approfondi
Visez le raisonnement argumenté complet : articuler PGF (résidu de Solow), croissance endogène (externalités, institutions, droits de propriété), destruction créatrice et inégalités, puis discuter la soutenabilité (capital naturel, soutenabilité faible vs forte) — c'est l'ossature d'une dissertation « la croissance est-elle soutenable ? » ou « quelles sont les sources de la croissance ? ».
Lesetiefe: Approfondi
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Les deux sources de la croissance : accumulation des facteurs et PGF
Taux de croissance du PIB (taux de variation)
Variation relative du PIB en volume entre deux dates, exprimée en pourcentage. C'est la mesure de base de la croissance économique.
Taux de croissance annuel moyen sur n années
Taux constant qui, appliqué chaque année pendant n années, conduit du PIB de départ au PIB d'arrivée. Il traduit le caractère cumulatif de la croissance.
Fonction de production : la production dépend du travail L et du capital K
La quantité produite Y est fonction des quantités de facteurs travail (L) et capital (K) employées ; accroître ces quantités est la source « extensive » de la croissance.
Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 (année 0) à l'indice 134 (année 10). a) Calculer le taux de croissance global sur la période et le coefficient multiplicateur. b) En déduire le taux de croissance annuel moyen (TCAM). c) Interpréter l'écart avec une simple division de 34 % par 10.
Le taux de variation global vaut (134 − 100)/100 × 100 = 34 %. Le coefficient multiplicateur (CM) est le rapport des deux valeurs : CM = 134/100 = 1,34. Le PIB a donc été multiplié par 1,34 en dix ans.
Le TCAM est le taux constant t tel que (1+t)^10 = 1,34. On élève le coefficient multiplicateur à la puissance 1/10 : TCAM = 1,34^(1/10) − 1 ≈ 1,0297 − 1 ≈ 0,0297, soit environ 2,97 %.
Diviser 34 % par 10 donnerait 3,4 % : c'est faux car la croissance est cumulative. Chaque année, la croissance s'applique à un PIB déjà augmenté l'année précédente (effet des « intérêts composés »). Le taux annuel constant qui reproduit la hausse totale est donc inférieur à la moyenne arithmétique : environ 2,97 %.
On rédige : « Entre l'année 0 et l'année 10, le PIB en volume de ce pays a augmenté de 34 %, soit une croissance annuelle moyenne d'environ 3 % par an. »
Résultat : a) +34 % au total, CM = 1,34 ; b) TCAM ≈ 2,97 % par an ; c) ce taux est inférieur à 3,4 % car la croissance est cumulative (multiplicative), et non additive.
Erreurs fréquentes
Révision active
Le PIB en volume d'un pays passe de l'indice 100 à l'indice 134 entre l'année 0 et l'année 10. a) Calculer le taux de croissance global sur la période et le coefficient multiplicateur. b) En déduire le taux de croissance annuel moyen (TCAM) et l'interpréter. c) Expliquer pourquoi ce TCAM est très inférieur à 3,4 % alors que la hausse totale est de 34 %.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — « Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Décomposition de la croissance : capital, travail et PGF (résidu de Solow)
Productivité (du travail)
Rapport entre la production obtenue et la quantité de facteur utilisée ; une hausse de ce rapport, à facteur constant, traduit un gain de productivité.
Décomposition de la croissance (comptabilité de la croissance)
La croissance du PIB se répartit entre la contribution du capital, celle du travail et le résidu de PGF. La PGF se déduit par solde : g_PGF = g_PIB − contributions des facteurs.
La PGF (résidu de Solow) calculée par solde
On retire de la croissance du PIB la part imputable à l'accumulation des facteurs ; ce qui reste est le résidu, mesure indirecte du progrès technique.
Le PIB en volume croît de 3 % sur une année. Le capital augmente de 4 %, le travail de 1 %. La contribution du capital correspond à 0,3 fois son taux de croissance, celle du travail à 0,7 fois le sien. a) Calculer la contribution du capital et celle du travail. b) En déduire la croissance de la PGF. c) Identifier et interpréter la source dominante.
On multiplie le coefficient (0,3) par le taux de croissance du capital (4 %) : contribution du capital = 0,3 × 4 = 1,2 point de pourcentage.
De même, contribution du travail = 0,7 × 1 = 0,7 point de pourcentage.
Le résidu de Solow se déduit en retirant les contributions des facteurs de la croissance totale : g_PGF = 3 − (1,2 + 0,7) = 3 − 1,9 = 1,1 point.
La PGF apporte 1,1 point sur 3, soit environ 37 % de la croissance — devant le capital (1,2 point ≈ 40 %) et le travail (0,7 point). La croissance n'est donc pas seulement extensive : une part majeure provient des gains d'efficacité, c'est-à-dire du progrès technique (croissance intensive). On rédige : « Plus d'un tiers de la croissance s'explique par l'amélioration de l'efficacité productive, indépendamment de la hausse des facteurs. »
Résultat : a) Capital : 1,2 point ; travail : 0,7 point. b) PGF = 1,1 point (résidu). c) Le progrès technique (PGF) explique ≈ 37 % de la croissance : une part déterminante est intensive, et non extensive.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans un pays, le PIB en volume croît de 3 % sur une année. La quantité de capital augmente de 4 % et celle de travail de 1 %. On admet que la contribution du capital à la croissance correspond à 0,3 fois son taux de croissance, et celle du travail à 0,7 fois le sien. a) Calculer la contribution du capital et celle du travail. b) En déduire, par solde, la croissance de la PGF. c) Quelle est la source dominante de la croissance, et comment l'interpréter ?
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — sources de la croissance et productivité globale des facteurs (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Le processus de destruction créatrice (Schumpeter)
Le cercle vertueux de la croissance endogène
À partir de l'essor du commerce en ligne, montrez en quoi cette innovation illustre le processus de destruction créatrice, puis expliquez le rôle du capital humain et des droits de propriété.
Le commerce en ligne est une innovation de procédé et d'organisation (au sens de Schumpeter) : il transforme la manière de vendre (plateformes numériques, logistique automatisée) et crée de nouveaux débouchés.
Des activités anciennes déclinent : fermetures de commerces physiques sur certains segments, recul de l'emploi dans la distribution traditionnelle, disparition de certains intermédiaires. C'est la face « destruction » du processus.
Simultanément naissent des emplois et secteurs nouveaux : développeurs, métiers de la logistique et de la livraison, data analysts, services numériques. Le solde net d'emplois/valeur peut être positif et soutenir la croissance, même si la transition impose des reconversions coûteuses pour les salariés concernés.
Ces innovations exigent une main-d'œuvre qualifiée (informatique, gestion de données). L'accumulation de capital humain (Lucas) — formation, compétences — conditionne la capacité à innover et à occuper les emplois créés ; c'est une source de croissance endogène.
La protection de la propriété intellectuelle (brevets sur les technologies, protection des logiciels) et un cadre institutionnel sécurisé incitent les entreprises à investir dans l'innovation, car elles peuvent s'approprier temporairement les gains. Sans cette protection, l'innovation — facilement imitable — serait sous-produite.
Résultat : Le commerce en ligne illustre la destruction créatrice : il détruit des emplois de la distribution traditionnelle tout en créant des emplois numériques et logistiques (solde net soutenant la croissance). Capital humain (qualification) et droits de propriété (brevets, incitations à innover) en sont des moteurs de croissance endogène.
Partons de Schumpeter. Pour lui, le moteur du capitalisme est l'entrepreneur-innovateur, qui introduit de nouveaux produits, procédés, marchés, matières premières ou formes d'organisation.
Cette innovation est un processus à double face : elle détruit les activités anciennes devenues obsolètes tout en créant des activités nouvelles. C'est la destruction créatrice.
Mais d'où vient le progrès technique ? Les théories de la croissance endogène répondent : il est produit de l'intérieur, par l'investissement en capital humain, en recherche et en infrastructures.
Le tout s'auto-entretient : la croissance finance de nouveaux investissements, qui nourrissent de nouvelles innovations. Institutions et droits de propriété sécurisent ce cercle vertueux.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un exemple récent (téléphonie mobile, commerce en ligne, énergies renouvelables…), montrez comment une innovation illustre le processus de destruction créatrice. Identifiez précisément les emplois/secteurs détruits et ceux créés, puis expliquez en quoi les droits de propriété (brevets) et le capital humain ont pu favoriser cette innovation.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — innovation, destruction créatrice et croissance endogène (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Progrès technique biaisé : effet sur la demande de travail selon la qualification
Expliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs qualifiés et peu qualifiés, puis discutez le rôle des politiques publiques.
Le progrès technique récent est dit « biaisé » en faveur du travail qualifié : les nouvelles technologies (logiciels, robots) augmentent la productivité des travailleurs qualifiés (elles les complètent) mais remplacent les tâches routinières des travailleurs peu qualifiés (elles s'y substituent).
La demande de travail qualifié s'accroît (compétences recherchées pour concevoir et piloter les technologies), ce qui pousse leurs salaires à la hausse. À l'inverse, la demande de travail peu qualifié sur les tâches automatisables recule, pesant sur l'emploi et les salaires de ces travailleurs.
L'écart de revenus entre qualifiés et peu qualifiés se creuse. La destruction créatrice fait par ailleurs des gagnants (innovateurs, qualifiés) et des perdants (salariés des secteurs détruits), ce qui accentue le mouvement.
Les pouvoirs publics peuvent atténuer ces inégalités : formation et requalification (élever le capital humain des moins qualifiés), accompagnement des reconversions, redistribution (fiscalité, prestations) et protection sociale. La croissance reste alors socialement soutenable. On nuance enfin : selon les politiques menées et le type d'innovation, le progrès technique peut aussi réduire certaines inégalités (baisse de prix, accès élargi).
Résultat : L'automatisation, complémentaire des qualifiés et substituable aux peu qualifiés, creuse les écarts de salaires selon la qualification ; les politiques publiques (formation, redistribution, protection sociale) peuvent en limiter les effets et rendre la croissance socialement soutenable.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du mécanisme du progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié, expliquez comment l'automatisation peut creuser les écarts de revenus entre travailleurs qualifiés et peu qualifiés. Discutez ensuite le rôle des politiques publiques pour limiter ces inégalités.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — progrès technique et inégalités de revenus (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Soutenabilité faible vs soutenabilité forte : substituabilité des capitaux
Le patrimoine global transmis aux générations futures
La soutenabilité se pense comme la préservation d'un stock de capital transmis. La soutenabilité faible vise à maintenir le TOTAL (capitaux substituables) ; la forte exige de préserver spécifiquement K_naturel critique.
Externalité négative : coût privé, coût social et surproduction du marché
Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez soutenabilité faible et soutenabilité forte en explicitant l'hypothèse sur laquelle repose cette distinction, et les politiques que chacune privilégie.
Première limite : l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, minerais) — la production puise dans un stock fini. Seconde limite : la pollution et la dégradation de l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité), externalités négatives qui détériorent le capital naturel.
Une croissance soutenable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs (rapport Brundtland, 1987) : il s'agit de transmettre un patrimoine — physique, humain, naturel, institutionnel/social — suffisant.
Hypothèse : les capitaux sont SUBSTITUABLES. Le capital naturel détruit peut être compensé par du capital physique, humain ou technologique. Ce qui importe est le maintien du stock TOTAL de capital. Le progrès technique (recyclage, efficacité énergétique, substituts) rend la croissance compatible avec la soutenabilité. Politiques privilégiées : innovation, prix incitatifs (taxe carbone), efficacité, économie circulaire.
Hypothèse : le capital naturel est en partie NON substituable. Certaines fonctions écologiques (climat stable, biodiversité) sont irremplaçables et leur perte est irréversible (effets de seuil). Il faut préserver un stock minimal spécifique de capital naturel « critique », même au prix d'un ralentissement de la croissance matérielle. Politiques privilégiées : réglementation, interdictions, normes, sobriété, protection de la nature.
Tout repose sur la substituabilité du capital naturel. Faible : substituable → préserver le total → confiance dans le progrès technique. Forte : non substituable → préserver le naturel critique pour lui-même → contraindre la croissance. C'est un débat normatif sur le degré de confiance accordé à l'innovation pour compenser la dégradation de l'environnement.
Résultat : Limites : épuisement des ressources et pollution. Soutenabilité FAIBLE = capitaux substituables, on préserve le stock total, le progrès technique compense (innovation, taxe carbone) ; soutenabilité FORTE = capital naturel non substituable, on préserve un stock minimal critique (réglementation, sobriété). La distinction tient à l'hypothèse de substituabilité du capital naturel.
Erreurs fréquentes
Révision active
Après avoir présenté deux limites écologiques de la croissance, distinguez la soutenabilité faible de la soutenabilité forte. Vous montrerez en quoi cette distinction repose sur l'hypothèse de substituabilité entre le capital naturel et les autres capitaux, et quelles politiques chaque conception privilégie.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — limites écologiques et soutenabilité de la croissance (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol