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Ce thème de sociologie de terminale étudie la mobilité sociale intergénérationnelle : comment se déplace-t-on dans l'espace social d'une génération à l'autre, et avec quelle ampleur ? On apprend à construire et à lire les tables de mobilité issues des enquêtes de l'INSEE, à distinguer la mobilité observée de la fluidité sociale, et à identifier les déterminants de la mobilité comme de la reproduction sociale (diplôme, évolution des emplois, ressources et configurations familiales).
5sectionsca. 21min de lecture3compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser d'abord le vocabulaire (mobilité intergénérationnelle, verticale ascendante/descendante, structurelle, fluidité, déclassement) et savoir lire une table de destinée et une table de recrutement sans les confondre.
niveau approfondi
Aller jusqu'à l'argumentation : distinguer rigoureusement mobilité observée et fluidité sociale, décomposer la mobilité totale, et discuter les déterminants (diplôme, structure des emplois, capitaux familiaux) ainsi que le paradoxe d'Anderson dans un raisonnement nuancé.
Lesetiefe: Approfondi
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Les types de mobilité sociale
À l'aide de vos connaissances, qualifiez précisément la mobilité dans chacun des cas suivants : (a) Léa, dont le père était ouvrier qualifié, devient professeure des écoles (PCS « profession intermédiaire ») ; (b) Karim, fils de cadre, devient employé de bureau ; (c) Inès, fille d'agricultrice exploitante, devient artisane.
Pour chaque individu, on compare la PCS des parents (origine) à sa propre PCS (destinée). C'est une comparaison intergénérationnelle.
Origine « ouvrier » → destinée « profession intermédiaire » : on monte dans la hiérarchie. C'est une mobilité verticale ascendante (promotion sociale).
Origine « cadre » → destinée « employé » : on descend dans la hiérarchie. C'est une mobilité verticale descendante, autrement dit un déclassement intergénérationnel.
Origine « agriculteur exploitant » → destinée « artisan-commerçant » : ces deux PCS d'indépendants sont de niveau hiérarchique comparable. C'est une mobilité horizontale.
Résultat : (a) mobilité intergénérationnelle verticale ascendante ; (b) mobilité intergénérationnelle verticale descendante (déclassement) ; (c) mobilité intergénérationnelle horizontale. Dans les trois cas, il s'agit de mobilité observée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Pour chacune des situations suivantes, indiquez le type de mobilité : (a) une femme dont le père était ouvrier et qui devient infirmière ; (b) un homme employé qui devient cadre après quinze ans de carrière dans la même entreprise ; (c) un fils d'agriculteur qui devient artisan ; (d) une fille de cadre qui devient employée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Table de mobilité : destinée (ligne) vs recrutement (colonne)
Part en destinée (lecture en ligne)
n_{ij} est l'effectif de la case (origine i, destinée j) et n_{i\bullet} le total de la ligne i (effectif des fils d'origine i). On lit « parmi les fils d'origine i, la part qui atteint la position j ».
Part en recrutement (lecture en colonne)
n_{\bullet j} est le total de la colonne j (effectif des individus en position j). On lit « parmi les individus en position j, la part qui est d'origine i ».
Le tableau ci-dessous donne, pour 100 fils (PCS du père en ligne, PCS du fils en colonne), les effectifs. Ouvrier : ligne (22 ; 8 ; 5), total 35 ; Employé : ligne (6 ; 14 ; 10), total 30 ; Cadre : ligne (4 ; 9 ; 22), total 35. Totaux de colonnes : Ouvrier 32, Employé 31, Cadre 37. (1) Calculez et interprétez la part en destinée des fils d'ouvriers devenus cadres. (2) Calculez et interprétez la part en recrutement des cadres dont le père était cadre.
« Fils d'ouvriers devenus cadres » : case (origine Ouvrier, destinée Cadre) = 5. Destinée → on divise par le total de la LIGNE Ouvrier = 35.
5 ÷ 35 = 0,1428… soit environ 14,3 %.
« Parmi les 35 fils d'ouvriers, environ 14,3 % sont devenus cadres. » C'est une mobilité ascendante.
« Cadres dont le père était cadre » : case (origine Cadre, destinée Cadre) = 22. Recrutement → on divise par le total de la COLONNE Cadre = 37.
22 ÷ 37 = 0,5945… soit environ 59,5 %.
Résultat : (1) Environ 14,3 % des fils d'ouvriers sont devenus cadres (lecture en destinée). (2) Environ 59,5 % des cadres ont un père lui-même cadre (lecture en recrutement) : le recrutement des cadres est marqué par une forte autoreproduction.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir du tableau d'effectifs ci-dessous (100 fils, PCS du père en ligne, PCS du fils en colonne — Ouvrier, Employé, Cadre), calculez : (1) la part en destinée des fils d'ouvriers devenus cadres ; (2) la part en recrutement des cadres issus d'un père cadre. Rédigez à chaque fois la phrase de lecture.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale) · L'enquête Formation et qualification professionnelle (FQP) — source des tables de mobilité (INSEE)
Décomposition : mobilité observée = structurelle + nette (fluidité)
Mobilité observée (en %)
Le taux d'immobilité est la part des individus sur la diagonale (origine = destinée). La mobilité observée en est le complément à 100.
Décomposition de la mobilité
La mobilité nette (fluidité sociale) est obtenue en retranchant de la mobilité observée la part imposée par l'évolution de la structure des emplois.
Dans une table de mobilité portant sur 100 individus, 58 occupent la même position que leur père. Les sociologues estiment que la mobilité structurelle (imposée par l'évolution des emplois) représente 18 individus sur 100. (1) Calculez le taux de mobilité observée. (2) En déduisez la mobilité nette (fluidité). (3) Interprétez : que se passerait-il pour la fluidité si, à structure inchangée, la mobilité observée passait à 50 % surtout par hausse de la mobilité structurelle ?
C'est le complément à 100 du taux d'immobilité. Immobiles = 58, donc mobiles = 100 − 58 = 42.
On retranche la part structurelle de la mobilité observée : 42 − 18 = 24.
Sur 100 individus, 42 sont mobiles, mais 18 le sont seulement parce que la structure des emplois a changé (moins d'ouvriers, plus de cadres). Seuls 24 relèvent de la fluidité sociale, c'est-à-dire d'une réelle ouverture (indépendance origine/destinée).
Si la mobilité observée monte à 50 % uniquement parce que la mobilité structurelle augmente (par exemple de 18 à 26), la fluidité reste à 24 (50 − 26). On observe « plus de mobilité » sans aucune amélioration de l'égalité des chances : c'est tout l'enjeu de la distinction.
Résultat : Mobilité observée = 42 % ; mobilité nette (fluidité) = 24 %. La hausse de la mobilité observée peut provenir entièrement de la transformation des emplois (mobilité structurelle) sans que l'origine sociale pèse moins : la fluidité, qui mesure l'égalité des chances, peut rester inchangée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans une table de mobilité, 58 fils sur 100 occupent la même position que leur père. Sachant que les sociologues estiment, pour ce même tableau, que la mobilité structurelle représente 18 individus sur 100, calculez le taux de mobilité observée, puis la mobilité nette (fluidité). Interprétez l'écart.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Les déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale
À l'aide de vos connaissances, montrez pourquoi un enfant de cadre a, aujourd'hui, de fortes chances d'occuper lui-même une position favorisée, alors qu'un enfant d'ouvrier connaît moins souvent une mobilité ascendante.
L'enfant de cadre hérite d'un capital culturel élevé (familiarité avec la langue et les codes scolaires, livres, aide parentale aux devoirs). Or l'école valorise ce capital : il réussit donc plus souvent et accède aux diplômes les plus rentables.
Le capital économique familial permet de financer des études longues, de soutenir l'enfant pendant son insertion et d'absorber les risques (réorientation, mobilité géographique). L'enfant d'ouvrier dispose plus rarement de ce filet.
Le réseau de relations des parents cadres facilite stages, informations sur les filières et premières insertions. Ce capital social manque davantage aux familles populaires.
La mobilité structurelle a ralenti : aux Trente Glorieuses, l'essor des emplois de cadres « tirait vers le haut » les enfants d'ouvriers ; aujourd'hui la création d'emplois très qualifiés est moins forte et la concurrence pour les bonnes positions plus vive, ce qui limite les ascensions et expose au déclassement.
Résultat : La position favorisée se transmet par le cumul des trois capitaux (culturel, économique, social) que l'école convertit en diplômes, dans un contexte où la mobilité structurelle moins porteuse n'« ouvre » plus autant les positions élevées : la reproduction sociale l'emporte donc souvent sur la mobilité ascendante pour les enfants d'origine populaire.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide des trois capitaux de Bourdieu et de la notion de mobilité structurelle, expliquez pourquoi un enfant d'origine populaire avait, dans la France des Trente Glorieuses, davantage de chances de connaître une mobilité ascendante qu'un enfant né dans les années 2000.
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Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Le paradoxe d'Anderson
Antoine est titulaire d'une licence (bac + 3) ; son père, titulaire d'un baccalauréat, était technicien (profession intermédiaire). Antoine occupe lui aussi un poste de profession intermédiaire. À l'aide du paradoxe d'Anderson et de la dévaluation des diplômes, analysez cette trajectoire, puis nuancez.
Antoine (bac + 3) est plus diplômé que son père (bac). En termes de capital scolaire, il y a bien une ascension : la « génération » a élevé son niveau de diplôme.
Pourtant, Antoine occupe la même PCS que son père (profession intermédiaire) : il n'y a pas de mobilité sociale ascendante intergénérationnelle. C'est une immobilité de position malgré une hausse du diplôme.
Le niveau de diplôme requis pour accéder à une position donnée a augmenté entre les deux générations : ce qui se faisait avec un bac demande désormais un bac + 3. Monter en diplôme par rapport à son père ne suffit donc plus pour s'élever — c'est le paradoxe d'Anderson, lié à la dévaluation des diplômes.
Pour autant, la licence d'Antoine n'est pas inutile : sans elle, il aurait probablement accédé à une position inférieure ou serait davantage exposé au chômage. Le diplôme reste un bouclier relatif ; il est moins discriminant qu'avant, mais demeure nécessaire.
Résultat : Antoine est plus diplômé que son père sans connaître d'ascension sociale : c'est le paradoxe d'Anderson, expliqué par la dévaluation des diplômes (le niveau requis par position a monté). La nuance s'impose : le diplôme protège toujours du déclassement et du chômage, même s'il ne garantit plus la promotion.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du paradoxe d'Anderson et de la notion de dévaluation des diplômes, expliquez pourquoi un individu plus diplômé que son père peut malgré tout connaître une mobilité sociale descendante. Nuancez en rappelant la valeur protectrice du diplôme.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale