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Ce thème transversal retrace l'évolution des concepts, des machines et des usages de l'informatique : des machines à calculer aux ordinateurs programmables, des idées fondatrices (Turing, von Neumann) au transistor et au microprocesseur, puis à l'essor des langages, des systèmes d'exploitation, d'Internet et du Web. C'est un thème de culture informatique : plutôt que d'être l'objet d'un exercice écrit isolé, il s'invite en contexte (préambule, projet, Grand oral) et éclaire les autres parties du programme. L'enjeu est de SITUER, RELIER et METTRE EN PERSPECTIVE — pas de mémoriser une liste de dates.
5sectionsca. 20min de lecture4compétencesNiveauBase 2 · Standard 3Vérifié · 06/2026
niveau de base
Sache placer correctement les cinq grandes étapes (1936 Turing — années 1940 von Neumann — 1947 transistor — 1971 microprocesseur — 1969 ARPANET puis 1989-1991 Web) et associer chaque objet ou concept à son auteur ; c'est l'essentiel attendu.
niveau approfondi
Va plus loin en RELIANT ces repères aux autres thèmes de NSI (architecture de von Neumann ↔ langage machine et systèmes ; Internet ↔ réseaux et protocoles) et en argumentant les enjeux sociétaux/environnementaux : c'est exactement ce qui nourrit un excellent Grand oral.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Frise des grandes étapes : du calcul mécanique à l'ordinateur programmable
On présente trois machines : (a) une Pascaline (1642), (b) la machine analytique de Babbage (1837) et (c) un ordinateur moderne. Pour chacune, indique si elle est PROGRAMMABLE et justifie. Quel est l'apport d'Ada Lovelace ?
Conçue vers 1642 et présentée publiquement en 1645, elle réalise additions et soustractions par un train d'engrenages câblé. L'opération est FIXE : on ne peut pas lui faire exécuter une autre tâche en changeant des instructions. Ce n'est donc PAS une machine programmable, c'est une calculatrice mécanique.
Babbage prévoit un « moulin » (unité de calcul) et un « magasin » (mémoire), pilotés par des cartes perforées qui encodent une suite d'instructions. On peut donc CHANGER la tâche en changeant les cartes : la machine est conçue comme PROGRAMMABLE. Elle n'a jamais été achevée, mais son importance est conceptuelle.
Il exécute un PROGRAMME ENREGISTRÉ en mémoire, qu'on peut remplacer sans modifier le matériel. C'est la programmabilité par programme enregistré qui le définit, pas la vitesse de calcul.
En 1843, en annotant la machine de Babbage, elle décrit une suite d'instructions pour calculer les nombres de Bernoulli : c'est souvent présenté comme le PREMIER ALGORITHME destiné à une machine, et elle anticipe l'idée d'une machine manipulant des symboles au-delà des nombres.
Résultat : (a) non programmable (opération câblée) ; (b) programmable par cartes perforées (ancêtre conceptuel) ; (c) programmable par programme enregistré. Le critère décisif est la programmabilité, et Lovelace en propose le premier usage concret avec un algorithme.
Erreurs fréquentes
Révision active
Explique en quelques phrases pourquoi la Pascaline n'est pas un ordinateur, alors que la machine analytique de Babbage en est considérée comme l'ancêtre. Cite l'apport d'Ada Lovelace.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Architecture de von Neumann : unité centrale, mémoire commune et entrées/sorties
Les quatre blocs de l'architecture de von Neumann
Mémo structurel (et non une formule numérique) : l'unité centrale réunit la commande et le calcul, la mémoire est COMMUNE aux programmes et aux données, et les entrées/sorties relient la machine au monde extérieur.
Le cycle de traitement : charger, décoder, exécuter
L'ENIAC (1945) se reprogrammait en modifiant des câblages et des interrupteurs, ce qui demandait des jours. Explique, à l'aide de l'architecture de von Neumann, pourquoi le principe du « programme enregistré » a constitué un progrès décisif.
Le programme de l'ENIAC était matérialisé par le CÂBLAGE de la machine. Changer de calcul imposait de recâbler physiquement et de régler des interrupteurs : long, coûteux et source d'erreurs.
Dans l'architecture de von Neumann, le programme est une suite d'instructions ÉCRITES EN MÉMOIRE, au même endroit que les données. Pour changer de tâche, il suffit de charger un autre programme en mémoire — aucune intervention matérielle.
L'ordinateur devient UNIVERSEL et reprogrammable en logiciel : on passe de la modification du matériel à la modification du logiciel, ce qui fait exploser la souplesse d'usage et ouvre la voie au logiciel comme activité à part entière.
Résultat : Le « programme enregistré » remplace le recâblage matériel par le chargement d'un programme en mémoire : c'est ce qui rend l'ordinateur réellement polyvalent et facilement reprogrammable.
Tout commence par une idée abstraite. En 1936, Turing imagine un ruban et une tête qui lit, écrit et se déplace selon une table de règles. Cette machine de papier définit ce qui est calculable.
Une dizaine d'années plus tard, von Neumann formalise une architecture concrète : une unité centrale, une mémoire commune aux programmes et aux données, et des entrées-sorties.
Reste à miniaturiser. En 1947 le transistor remplace le tube à vide : plus petit, plus fiable, moins gourmand en énergie.
En 1971, l'Intel 4004 réunit l'unité de traitement sur une seule puce : c'est le microprocesseur, qui ouvre la voie à l'ordinateur personnel. Et au cœur, l'architecture est toujours celle de von Neumann.
Erreurs fréquentes
Révision active
Schématise l'architecture de von Neumann (UC, UAL, mémoire, E/S) et explique en quoi le principe du « programme enregistré » distingue cette architecture d'une machine recâblée comme l'ENIAC.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Architectures matérielles, systèmes d'exploitation et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Du code lisible aux instructions de la machine : niveaux de langage
Classe les quatre cas suivants en « libre » ou « non libre », et « gratuit » ou « payant » : (1) une distribution Linux téléchargeable sans frais et modifiable ; (2) un jeu propriétaire gratuit dont le code source est fermé ; (3) un logiciel libre vendu sur un support payant avec son code source ; (4) un logiciel propriétaire payant. Conclus sur la différence entre « libre » et « gratuit ».
Code source accessible, modifiable et redistribuable : LIBRE. Téléchargée sans frais : GRATUITE. Donc libre ET gratuite.
Aucun accès au code source, pas de droit de modification : NON LIBRE. Mais distribué sans frais : GRATUIT. Donc non libre mais gratuit — preuve que gratuit n'implique pas libre.
Le code source est fourni avec les libertés d'usage, d'étude, de modification et de redistribution : LIBRE. Vendu sur un support : PAYANT. Donc libre mais payant — preuve que libre n'implique pas gratuit.
Code fermé, pas de liberté : NON LIBRE, et PAYANT.
Résultat : « Libre » qualifie les LIBERTÉS sur le code source (usage, étude, modification, redistribution) ; « gratuit » qualifie le PRIX. Les cas 2 et 3 montrent que les deux notions sont indépendantes.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un camarade affirme : « un logiciel libre, c'est juste un logiciel gratuit ». Réfute cette affirmation en définissant le logiciel libre par ses libertés, puis donne un exemple de logiciel libre et un exemple de logiciel gratuit mais non libre.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Langages et systèmes d'exploitation (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Internet (le réseau) et le Web (un service parmi d'autres)
Modèle empirique de la loi de Moore (doublement tous les deux ans)
Modélisation simplifiée : est le nombre d'années écoulées et le nombre de transistors initial. Un doublement tous les deux ans donne l'exposant . En passant au logarithme, : c'est une fonction AFFINE de , d'où la droite en échelle logarithmique.
Loi de Moore — transistors par puce (échelle logarithmique)
On modélise le nombre de transistors par , avec en années et un doublement tous les deux ans. (a) Par combien est-il multiplié en 10 ans ? (b) Montre que est une fonction affine de et explique pourquoi la courbe est une droite en échelle logarithmique.
On calcule le rapport . Comme , ce rapport vaut .
On applique à . Avec et , on obtient une expression affine en .
est de la forme avec : c'est une DROITE. Représenter sur un axe vertical logarithmique revient à tracer : on obtient donc une droite, ce qui rend lisibles à la fois les petites et les très grandes valeurs.
Résultat : En 10 ans, le nombre de transistors est multiplié par (soit cinq doublements). Et puisque est affine, la croissance exponentielle apparaît comme une droite en échelle logarithmique.
Erreurs fréquentes
Révision active
Explique à un non-spécialiste la différence entre Internet et le Web, en donnant un usage d'Internet qui ne passe PAS par le Web. Puis explique pourquoi une croissance par doublement régulier apparaît comme une droite sur un graphique à échelle verticale logarithmique.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Réseaux et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Carte des enjeux : une évolution technique et ses conséquences
On te demande de discuter une évolution technique du thème en montrant ses bénéfices ET ses enjeux. Prends l'exemple de l'essor d'Internet et du Web (1969-1991) et structure un argumentaire en trois temps : société, éthique, environnement, chacun appuyé sur un repère.
ARPANET (1969) puis la suite TCP/IP (années 1980) construisent le réseau ; le Web (Berners-Lee, CERN, 1989-1991) le rend accessible au grand public. Partir de faits datés ancre l'argumentaire.
Le Web démocratise l'accès à l'information et au savoir, facilite la collaboration mondiale (encyclopédies collaboratives, science ouverte) et de nouvelles formes de travail et d'échanges.
La même infrastructure permet la collecte massive de données personnelles, la traçabilité et la diffusion d'informations non vérifiées : se posent les questions de vie privée, de protection des données et de fiabilité.
Faire fonctionner ce réseau mondial mobilise des centres de données énergivores et une fabrication de terminaux coûteuse en ressources, d'où l'enjeu de sobriété numérique.
Internet et le Web sont un progrès majeur d'accès au savoir, mais leur usage doit être encadré (données personnelles) et leur empreinte matérielle maîtrisée : un jugement équilibré, pas un avis tranché.
Résultat : Un bon argumentaire RELIE un repère daté à des conséquences précises sur trois plans (société, éthique, environnement) et conclut de manière nuancée — exactement la compétence « mettre en perspective » attendue.
Erreurs fréquentes
Révision active
Choisis une évolution technique du thème (par exemple le smartphone connecté à Internet) et construis un mini-argumentaire de Grand oral : un bénéfice sociétal, un enjeu éthique (vie privée) et un enjeu environnemental, chacun appuyé sur un repère historique précis.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Enjeux du numérique et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol